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Informations en direct, résultats d'expo et de PVL, dernieres photos et vidéos des chiots et chiens fournis par leurs propriétaires, et de ceux de l'élevage, ...

les bébés d'Isabella sont nés !!

Il y a quelques mois, lors du championnat d’Europe de coursing en Suisse, nous avions rencontré plusieurs juges russes avec lesquels nous avions bien sympathisés. 

Ils nous avaient suggéré de venir les voir lors de la conférence internationale du barzoï qui aurait lieu à St Petersbourg à la fin du mois de juin.

Sous l’impulsion de notre ami Peter De Coulon, président du club du barzoï suisse, Guy et moi avions décidé de nous lancer dans l’aventure .Car il s’agissait bien d’une aventure pour nous et d’un rêve pour moi de visiter enfin cette ville magique et somptueuse de St Petersbourg !

Durant les mois suivants, notre voyage s’organisait : inscription en ligne à la conférence, réservation du vol, des excursions par l’intermédiaire de IBC (International Borzoï Council), obtention du visa (avec nombre de justificatifs de notre séjour , du temps passé en Russie, de l’invitation et du récipissé de l’hôtel…)

L' IBC est une association créée en 1981, par un suédois, et qui rassemble des amateurs de barzoïs (éleveurs ou autres) , tous les trois ans environ, pour discuter de l’évolution de la race.
ette association n’est pas « officielle » dans le sens où elle n’ a pas de pouvoir de décision sur le standard par exemple.
Pour en savoir plus, voici le site d’IBC :  www.internationalborzoiconference.org 

Finalement, le jour du départ arriva ce mercredi 25 juin , avec un vol au départ de Genève, accompagné de notre ami Peter ( notre traducteur personnel !!), escale à Zurich, puis arrivée dans l’après midi à St Petersbourg sous la pluie et une température de 12 °C !!! nous étions bien en Russie !!!

A la sortie de l’avion, premier contrôle du visa durant de longues minutes, seule face à une employée au visage fermée….ouf c’est bon, nous passons…pour un deuxième contrôle de sécurité avec fouille au corps et passage de tous les bagages aux rayons…
L’aéroport est austère et de nombreux policiers sont présents…nous nous sentons surveillés...ou protégés ?? 
Une personne de IBC nous attend, il est russe, s’appelle Serguei, mais ne parle pas un mot d’anglais…et nous attendons encore presque 1h30 une autre passagère venant de Pologne avant de prendre la route de l’hôtel.

Le parcours jusqu’au centre de St Petersbourg où se trouve l’hôtel relève du gymkhana !
Bien secoués mais soulagés d’arriver, nous découvrons notre hôtel « 4 étoiles ».
Bien situé sur Nevski Prospekt (la plus grande avenue de la ville), il est un peu en retrait dans une arrière cour (mais juste en face d’un club de strip-tease !!), il présente une entrée discrète, un gardien taciturne  derrière un comptoir,  et 4 étages sans ascenseur, avec une réception pour chaque palier !

  

 Encore une 1/2 heure pour obtenir notre numéro de chambre (4ème étage) et une 1/2 heure de contrôle de passeport  ( avec nombreuses photocopies à l’appui) avant de tenir en main notre clef !
Ouf, enfin un peu de repos et de calme dans une chambre petite mais refaite à neuf. 

  Le lendemain, après une nuit «  blanche » (effectivement le soleil est présent jusqu’à 23h30 et revient dès 4h environ ), nous profitons du petit déjeuner «  anglais » ….café, thé, pain de mie, beurre, confiture (une sorte !), en quantité limitée et servi par une réceptionniste très peu souriante ….Manifestement, le « 4 étoiles » n’a pas la même valeur partout !!!

Nous faisons nos premières rencontres avec des participants, canadiens et australiens et premiers échanges de cartes de visites…Accompagnés de Peter, nous partons visiter un  peu la ville et nous découvrons de magnifiques bâtiments dont un  tiers sont en cours de rénovation…de superbes cathédrales…des limousines….de magnifiques jeunes femmes russes …et….. des arrière-cours délabrées…de veilles Lada poussives…des mendiants ( amputés de guerres, veilles femmes….) c’est tout le contraste de la Russie en pleine mutation.

  


 Le soir, première réunion de présentation de l’équipe IBC…nous arrivons en retard la réunion étant achevée, le lieu de rendez-vous et l’heure ayant été communiqués au dernier moment, ce qui nous valut de prendre un taxi pour parcourir finalement 800 m en ¾ d’heure et de dépenser pour ça 300 roubles ( 9 euros) !!!! 

   Le vendredi, rendez vous devant l’hôtel pour un départ en bus jusqu’au site d’une exposition spéciale lévriers, dans un parc public à l’extérieur de la ville. Sur les trois bus, aucun chauffeur ne semble savoir où aller !!!    Finalement, le notre nous dépose à une entrée du parc à l’opposé du lieu de l’expo ! Bref, après ½ heure de marche nous voilà arrivés dans une sorte de grande clairière de sable où sont déjà présents de nombreux exposants. Un magnifique podium décoré de nombreux ballons multicolores donne une allure de fête à ce rassemblement. 

   Après une matinée à déambuler et créer des contacts avec les autres participants à la conférence, l’exposition par elle-même commence à midi.  Nous avons droit aux honneurs en tant que visiteurs étrangers et une démonstration de danse russe avec un cheval en dressage et 4 danseurs folkloriques.  Les juges et les personnalités arrivent en troïka à poneys jusqu’au podium : Marina Ostrovskaya (éleveuse et juge) , Marina Orlowa ( éleveuse, juge et chasseur) et Tariel Gabidzashvili, dit Tarik (éleveur et chasseur) , avec qui nous avions sympathisé en Suisse ressemble au Père Noël sur son traîneau !!!

      L’exposition regroupe quelques whippets, greyhounds, et autres lévriers, mais le barzoï est largement le plus représenté avec 189 sujets ( de 4 mois à 14 ans !)

Durant tout l’après midi, les classes se succèdent sur un très vaste ring, jugées par M.Ostrovskya, pendant que sur un autre grand ring, M. Orlowa, juge « à la russe », en faisant tourner les chiens, de longues minutes, tous ensemble au pas rapide, pour juger essentiellement les allures et au fur et à mesure, elle positionne les chiens dans l’ordre de son jugement. 

A la fin, elle les touche et les observe de près pour finaliser son classement.
Les barzoïs que j’ai pu voir ce jour là ont presque tous d’excellentes têtes fines et ciselées avec de belles oreilles, les épaules sont plutôt meilleures qu’en Europe, les dos sont assez plats et les arrières mains souvent défectueuses, les fourrures sont souvent assez pauvres chez les femelles mais excellentes chez les mâles.
Les démarches ne sont pas très bonnes, mais il semblerait que cela était surtout du au sol inégal et gravillonné du ring.
A noter, le nombre très important de chiens engagés en classe travail, plus nombreux que la classe ouverte, car en Russie, le barzoï est un chien qui travaille et il est plus valorisant de présenter un chien dans cette classe qu’en classe ouverte (le contraire de l’Europe !) Puis , comme en Europe, nous avons pu voir des couples, lot d’élevage, lot reproducteur en assez grand nombre (5 ou  6 ).

        Finalement, le meilleur mâle est un chien d’origine russe :  INT CH,CH RUS,CH BLR,CH FIN,Grand RUS CH,National Russian Club CH,6xCH of the RKF, Russian's Pride 2006,RUSW-06-07  Zagar iz Razdolia (Staraja Russa Babitzin x Chernaja Polnoch iz Razdolia )  et la meilleure femelle et meilleur barzoi de l’exposition est une chienne avec certaines origines européennes et russes :  Ch Rus, RKF, NKp,EuAz, Rusich Osennee Solnyshko. (  Gazi Arslan Aurora x Chernaja Zemchuzina iz Razdolia ).  Ces deux chiens étant cousins....

  toutes les photos de cette exposition sont visibles dans cet album photo            

 

 Nous rentrons fatigués vers 22 h mais satisfaits de cette journée riche en souvenirs. 

Le samedi, nous avons la possibilité d’aller assister à une expo toutes races, mais nous préférons faire les magasins à la recherche d’une statue (ou autres) de barzoï , et de timbres pour nos cartes postales ( nous trouvons avec difficultés une poste mais elle n’a plus de timbre !!) 

Le dimanche, premier jour de conférence dans un hôtel proche avec des cadeaux de bienvenue sympathiques et nombreux. Chacun avec son badge, nous commençons à nous faire des amis parmi les éleveurs australiens, nouveaux zélandais et canadiens venus en nombre. Nous sommes environ 80 personnes, dont une trentaine de russes, plusieurs américains, canadiens, australiens, nouveaux zélandais, suédois, finlandais, polonais….mais juste trois français (nous deux et Victoria Cogin, qui est aussi russe d’origine).  Evidemment, la langue parlée lors de cette conférence  et tout au long du séjour est l’anglais (ou le russe) et heureusement Peter sera souvent là pour venir à notre secours, mon anglais étant très scolaire et très oublié !! Mais nous nous débrouillons et les gens sont ravis de discuter avec des français et font des efforts pour se mettre à notre portée. 

   

Avant tout chose, une minute de silence est demandée en mémoire de Inna Estrina, juge et éleveuse russe réputée, disparue soudainement quelques mois auparavant et très impliquée dans le renouveau de l’élevage russe et dans la mise en place de cette conférence. Nous sentions une grande émotion de la part de nombreuses personnes présentes  lors de cet hommage et nous étions nous-mêmes très touchés par la  disparition d’Inna que nous n’avions rencontrée qu’une fois mais qui était d’une grande gentillesse et d’une grande disponibilité.

Le premier sujet est présenté par une éleveuse américaine, Me Anne Mitgarden (élevage Teine) qui a réalisé une étude statistique sur la relation entre un certain type de morphologie chez le barzoï et sa capacité de vitesse.Son étude  très poussée mais qui atteint vite ses limites est visible sur son site : www.nktelco.net/teine/speed2pdf.pdf  En fait, elle s’attache dans cette étude qu’à l’aspect vitesse du barzoï alors que celui-ci doit présenter des caractéristiques plus complètes (ce qui lui ont reproché les russes d’ailleurs…) 

Puis le Dr James Sillers, juge et éleveur américain ( Seabury’s),  a abordé un sujet très intéressant sur la génétique en nous rappelant les principes de la génétique ainsi que des règles simples mais essentielles en matières d’élevage : ne pas faire reproduire sa première femelle de compagnie, ne pas choisir un étalon parce que la saillie est peu cher ou appartient à un ami, ne pas commencer un élevage uniquement en se basant sur les pedigrees, ne pas acheter une chienne qui n’a pas un excellent caractère, ne pas utiliser des chiens d’un élevage où il existe des problèmes de santé ( encore faut-il le savoir !!), ne pas utiliser un chien médiocre juste parce qu’il ( ou elle ) a un excellent pedigree ou si c’est le dernier ( dernière ) de la lignée, ne pas utiliser un chien juste pour sa couleur, observer ce que le chien a déjà produit, ne pas utiliser automatiquement le chien « top » du moment ….. Ensuite, il a abordé la croissance du chiot et les changements au cours des semaines de sa morphologie, avec des photos comparatives en exemple ( à 8 semaines, 12 semaines et 11 mois) Certains caractères morphologiques peuvent évoluées jusqu’à un certain âge et  d’autres pas. Certains défauts ou certaines qualités sont fixés dès 8 semaines, d’autres seulement à 12 ou 16 , voir 20 semaines. Son exposé complet sera certainement disponible sur le site d’IBC d’ici quelques semaines. Nous avons ensuite assisté à des exposés sur la renaissance du barzoï en Russie et sur l’anthologie de la chasse en Russie par deux éleveurs russes, traduit en simultané en anglais mais pratiquement impossible à suivre pour moi !! 

Puis nous avons l’honneur d’assisté à une démonstration de Mme Galina Zotova, LA référence en Russie du barzoï, avec la présence de deux barzoïs ( un mâle et une femelle ) sur la morphologie idéale du barzoï qui chasse.   Evidemment, cette morphologie est celle décrite dans le standard russe et comme l’a fait justement remarqué James Sillers, en exposition, c’est ce type de barzoï que nous devrions voir ! En résumé les points les plus importants sont : une tête fine ,ciselée, bien veinée, des oreilles fines, portées haut, une épaule dont l’angle doit faire entre 110 et 120°, une poitrine large et bien descendue ( on doit pouvoir passer la main à plat entre les pattes avant ), des angulations arrières marquées mais pas trop, le garrot et la pointe des hanches doivent être à la même hauteur, la longueur garrot-hanche doit être égale à la hauteur au garrot, les pieds doivent être longs et forts, le poil ne doit pas être trop abondant ( un chien qui « croule » sous la fourrure ne peut pas chasser correctement), le ventre doit être bien retroussé, et le caractère doit être vif et alerte ( notamment dans le port des oreilles), la tête est portée plutôt basse ( et non comme un afghan), un chien bien équilibré est un chien qui se pose naturellement bien sans le forcer à tenir une position.  J’ai pu toucher et caresser le mâle qui, malgré que ce soit un chasseur, était très calme dans la salle de conférence, très affectueux et doux, son corps était puissance et tonicité, dur comme du caillou !

 Première journée de conférence achevée, nous rentrons à l’hôtel, trouvons un restaurant avant de profiter d’une première excursion en bus puis bateau taxi pour une visite guidée de la ville par les canaux puis sur la Neva : magnifique !!!! 

Le lundi, lors de la 2ème journée, il s’agit plutôt de récits «  difficiles à suivre », mais agrémentés heureusement  de photos et vidéos sur la chasse en Russie et sur un test de courage pour le barzoï sur loup vivant ( un peu cruel pour le loup, apprivoisé et élevé pour cela) Nous achetons deux DVD sur la chasse en Russie et un CD de photos…Dans la salle de conférence, quelques œuvres, tableaux, statues, tee shirt sont en vente….nous craquons pour un petit bronze (réalisé par Marina Ostrovskaya) qui viendra compléter la petite statue en porcelaine dénichée chez un antiquaire…

  

  

 La conférence s’achève sur les élections dans le comité d’IBC ( à l’américaine, à main levée), durant lesquelles James Sillers remplace Conny Croneryd à la tête de l’association et où Peter De Coulon, notre compagnon de voyage et tout nouveau membre d’IBC ( comme nous) obtient le poste de secrétaire ! Il faut dire que la veille, James Sillers lui avait proposé l’organisation de la prochaine conférence en 2011 en Suisse, chose que Peter avait accepté avec honneur ! Ce qui a été confirmé par un vote unanime lors de cette assemblée. 

  

                             James Sillers recoit un beau cadeau !!!

La soirée s’achève par un banquet dans un grand hôtel à l’extérieur de la ville où tout le monde se « lâche » et où des amitiés se nouent entre passionnés de différents pays !! 

  

Marina Orlowa et Mr Ostrovskaya                             Tarik et Guy : à la russe !!!

Le Mardi est pour nous une journée « excursions » avec une grande partie du groupe des étrangers, cathédrales baroques richement décorées et peintes, forteresse Pierre et Paul, musée de l’Ermitage ( une petite partie !), tout est somptueux, doré et grand !

  

                                       le musée de l' Ermitage

 

  

  

Encore quelques achats «  souvenirs » et nous rentrons à l’hôtel pour notre dernière nuit « blanche »…. Le lendemain, nous arrivons à dérider un peu nos « petites » réceptionnistes et quittons notre «  4 étoiles » avec regret, malgré nos deux jours sans eau chaude !!! C’est comme ça la Russie, encore un peu l’aventure parfois….un pays plein de promesses, encore très néophyte en matière de tourisme mais c’est aussi cela qui fait le charme et le dépaysement de la Russie ! 

Le voyage de retour se passe sans encombre avec encore trois contrôles complets pour sortir du pays et une arrivée en Suisse dans une chaleur étouffante de 33°C !!! Durant notre séjour, le temps étant resté ensoleillé avec une vingtaine de degrés sans plus… 

En conclusion, ces quelques jours de conférence, nous ont permis de compléter nos connaissances sur le barzoï, avec des rencontres enrichissantes de personnalités compétentes, de découvrir un pays et une ville dans laquelle nous avons encore beaucoup de choses à voir (nous reviendrons !!) et surtout des rencontres avec une partie du reste du monde du barzoï, des personnes charmantes, ouvertes avec le même amour du barzoï,  des amitiés à entretenir et peut-être de nouveaux pays à visiter ( pourquoi pas l’Australie !!!)

Et surtout, n’oubliez pas, s’il y a une chose à retenir de  tout ça, c’est : 

FAITES COURIR VOS BARZOIS !!!  

ils sont faits pour chasser, alors comme ce n’est pas possible en France, il reste le coursing (PVL), qui même si ce n’est pas la panacée,  correspond le mieux à sa morphologie….   

                  Françoise